Les équipementiers automobiles de taille moyenne recherchent des moyens de réduire leur dépendance vis-à-vis de l'industrie automobile. (image d'illustration : Nataliya Hora / stock.adobe.com)
Les équipementiers automobiles de taille moyenne recherchent des moyens de réduire leur dépendance vis-à-vis de l'industrie automobile. (image d'illustration : Nataliya Hora / stock.adobe.com)
2025-09-04

Le cabinet de conseil Roland Berger a présenté début septembre les résultats de son étude « Zeitenwende. Wie der automobile Mittelstand wieder wachsen will » pour laquelle plus de 200 décideurs des sous-traitants automobiles de la zone DACH ont été interrogés. Selon l’étude, la pression sur les prix et la concurrence continue de peser sur les PME sous-traitantes automobiles d’Allemagne, d’Autriche et de Suisse. Parallèlement, se pose la question de savoir où et comment les entreprises pourront croître à nouveau à l’avenir, indique un communiqué de presse. Bien que déjà aujourd’hui un sur deux des sous-traitants PME interrogés soit actif en dehors de l’industrie automobile, cette activité représente généralement une faible part du chiffre d’affaires. Selon Roland Berger, cela pourrait changer bientôt: le secteur de la défense offre selon la majorité des cadres de bonnes chances d’exploiter de nouvelles sources de revenus.

« Au milieu de leur plus grave crise, marquée par une forte pression concurrentielle et des incertitudes géopolitiques, les fournisseurs nourrissent peu d’espoir qu’un tournant soit atteint prochainement. Les programmes de réduction des coûts font partie du quotidien dans la plupart des entreprises. Cependant, les responsables veulent tourner à nouveau leur regard vers

l’avenir et prendre activement en main leur avenir en le diversifiant vers des domaines en dehors du secteur automobile », résume Thomas Schlick, Senior Partner chez Roland Berger, les résultats.

La suite de l’étude conclut que l’immense pression des prix exercée par les clients, citée par 66 pour cent des répondants (à haute ou très haute priorité) – comme les années précédentes – est le sujet le plus important à l’ordre du jour de la direction. Suivent pour six sur dix cadres l’absence de perspectives de croissance sur les marchés automobiles. Dans ce contexte, les trois quarts des fournisseurs estiment qu’une diversification du portefeuille d’activités au-delà du secteur automobile représente une option d’avenir prometteuse. 46 pour cent la considèrent comme la meilleure manière d’explorer de nouveaux domaines de croissance, et près d’un tiers (31 pour cent) espère en tirer une meilleure utilisation des capacités existantes.

Réduire les dépendances vis-à-vis de l’automobile

Aujourd’hui encore, selon l’étude, une entreprise sur deux est également active en dehors de l’industrie automobile. Près d’un tiers des entreprises actives dans d’autres secteurs souhaitent développer davantage ces activités. Comme raisons principales d’un engagement en dehors de l’industrie automobile en crise, deux tiers

citent une moindre dépendance à la conjoncture automobile; à peu près autant d’interviewés souhaitent exploiter de nouvelles sources de revenus dans des domaines à forte croissance. Plus de 60 pour cent espèrent devenir plus résilients face aux risques géopolitiques et réglementaires en élargissant leur base commerciale.

Expertise technologique pour le secteur de la défense

Un peu plus des deux tiers des répondants voient dans le secteur de la défense les meilleures chances d’obtenir de nouveaux revenus. Suivent les technologies médicales avec 38 pour cent des mentions et l’industrie aéronautique et spatiale avec 36 pour cent.

Les auteurs expliquent que la forte priorisation du secteur de la défense peut s’expliquer notamment par les tensions géopolitiques croissantes depuis des années et par l’augmentation qui en découle des budgets de défense. Comme les investissements prévus devraient largement dépasser les capacités disponibles des entreprises nationales, il est plausible d’utiliser des capacités supplémentaires issues de l’industrie civile afin d’atteindre le niveau de dissuasion nécessaire – la production industrielle nécessaire pour dissuader d’éventuels agresseurs d’attaquer.

« Dans le secteur de la défense, à l’avenir, des capacités manqueront pour traiter les commandes. Grâce à sa compétence en procédés et en produits, le

tissu PME automobile peut y apporter un soutien optimal. L’accent pourrait être mis sur des systèmes de défense produits en masse, définis par logiciel. Ceux-ci doivent être fabriqués selon les exigences souhaitées, à des prix abordables et en grandes quantités », déclare Felix Mogge, associé chez Roland Berger.

Notamment la proximité technologique entre le secteur de la défense et le domaine automobile – notamment dans les domaines de la détection (capteurs), de la fabrication ou de l’intégration des systèmes – pousse selon Roland Berger à une collaboration plus intensive. Les clients potentiels dans le secteur de la défense ont beaucoup à offrir à l’industrie des fournisseurs : surtout en ce qui concerne les composants électroniques et mécaniques (78 % et 71 % des mentions), les répondants voient des points d’appui importants. Même avec des modules pour la propulsion et pour l’alimentation (64 %) ainsi que pour les solutions logicielles (48 %), l’industrie des fournisseurs peut selon eux marquer des points.

Les défis rencontrés par les répondants concernent la mise en place de structures de vente et de réseaux clients adaptés (52 pour cent) ainsi que le respect des cadres politiques et réglementaires (52 pour cent).