Lorsque le trafic maritime est bloqué à des goulots d'étranglement centraux, les transports intérieurs européens se retrouvent rapidement sous pression. Cela montre une étude récente de l'institut ifo et d'EconPol Europe, réalisée pour le compte du Ministère fédéral de l'Économie et de l'Énergie. L'étude montre que les importations et les exportations allemandes dépendent dans une mesure importante de quelques goulots d'étranglement maritimes tels que le canal de Suez ou le détroit de Bab al-Mandab.
Le commerce maritime comme socle central des chaînes d'approvisionnement allemandes
Selon les informations, environ la moitié de tous les flux de marchandises allemands sont traités par voie maritime en dehors de l'Union européenne. Environ 90 pour cent des itinéraires indirects passent par quelques points mondiaux de transbordement. Cette concentration conduit à ce que les perturbations sur des goulots d'étranglement particuliers puissent affecter l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. Les chercheurs et les chercheuses soulignent:
« Le transport maritime mondial se concentre fortement sur quelques voies maritimes et points de transfert importants. »
Importance des principaux nœuds
L'étude identifie six goulots d'étranglement particulièrement pertinents: le détroit d'Hormuz, le détroit de Bab al-Mandab, le détroit de Malacca,
le détroit de Taïwan, le canal de Suez et le canal de Panama. Une part importante du commerce extérieur allemand dépend de ces passages. En 2023, près de 10 pour cent des importations allemandes transitaient par le canal de Suez. Une dépendance presque aussi élevée provenait du détroit de Bab al-Mandab avec 9,4 pour cent. Le détroit de Malacca était impliqué à 8,7 pour cent, le détroit de Taïwan à 7,1 pour cent. La pertinence directe du détroit d'Hormuz était nettement moindre, à moins d'un pour cent.
Différences par groupes de produits
Particulièrement marquée est la dépendance au niveau des produits individuels. L'institut ifo souligne que, en 2023, près de 97 pour cent des importations allemandes de mica brut devaient passer par le canal de Suez. Cette ressource minérale est utilisée dans l'électronique et dans le secteur de la construction. La dépendance est également forte pour les préproduits chimiques. Ainsi, 92 pour cent des importations de malonylurée arrivaient en Allemagne par la route de Taïwan. Pour les cartes de circuits imprimés, il s'agissait de 30 pour cent via le canal de Suez. Les auteures et auteurs de l'étude
notent que de telles structures « sont bien plus structurelles que provisoires » – c'est-à-dire durables.
Pertinence pour les secteurs et les industries
L'intégration des nœuds maritimes ne concerne pas seulement des produits isolés, mais aussi des secteurs industriels entiers. L'étude associe des données commerciales à des tableaux entrée–sortie de l'OCDE. Cela permet de retracer dans quelle mesure la part des intrants importés qui traversent certains goulets d'étranglement est importante.
Particularité marquée dans le secteur textile, du cuir et de la chaussure. Entre 22 et 25 pour cent des intrants importés y transitent via le détroit de Bab al-Mandab et le canal de Suez. L'industrie chimique présente aussi des dépendances: six à huit pour cent de leurs intrants proviennent via les voies maritimes de Malacca, Bab al-Mandab et Suez. Pour les produits pétroliers, la part des importations passant par le canal de Suez se situe entre 19 et 21 pour cent.
Des schémas différents selon les partenaires commerciaux
L'étude montre en outre que la dépendance varie fortement selon le pays d'origine. Les importations en provenance d'Asie traversent souvent plusieurs goulets d'étranglement successivement, parfois jusqu'à cinq. À l'inverse, les
marchandises originaires d'Amérique du Nord et du Sud dépendent le plus souvent uniquement du canal de Panama. Pour les pays partenaires africains, la situation est mitigée et dépend de leur position sur l'Atlantique ou dans l'océan Indien.
Conséquences pour le transport et la logistique
Pour les entreprises de transport et de logistique, cette dépendance signifie que toute perturbation des goulets d'étranglement maritimes a des répercussions immédiates sur les volumes de transbordement, les plannings et les transports vers l'arrière-pays en Europe. Que des conteneurs arrivent en retard au port de Hambourg ou que les trains de fret destinés au sud de l'Allemagne doivent être décalés au rythme, le blocage d'un seul nœud peut mettre en décalage l'ensemble des chaînes de transport.
Conclusion
L'étude met clairement en évidence que l'Allemagne dépend largement d'un fonctionnement fluide à travers quelques goulets d'étranglement maritimes. Ce n'est pas seulement l'ampleur du commerce touché qui est déterminante, mais aussi la dépendance des secteurs et des produits individuels. Pour le secteur de la logistique, cela signifie préparer les chaînes de transport à l'avance contre les perturbations potentielles et garder les risques des réseaux mondiaux à l'œil.